Les poèmes de l'ombre et de la lumière.


          À ma soeur de peines!


Donne-moi ta détresse et que je l'enfouisse
Dans le fond de l'abysse aux portes de l'oubli
Verse-moi tous tes pleurs je les mêle à mes eaux
Aux creux des océans de ton âme affligée

Livre-moi ta tristesse pour que je la baigne
Et que je la délave en mon coeur outragé
Puis je la jetterai à ces grands oiseaux blancs
Qui voilent dans le vent au milieu des tempêtes

À la vague qui court le long de mes rivages,                                                                                                                                       
Qu'elle dérive au loin vers des îles sans nom!
Toi, la femme flétrie sous des mains monstrueuses
Toi, la si douce enfant, toi, la tant méprisée

Toi que j'aime si fort et qu'on a crucifiée
Donne-moi ta douleur que je la boive toute

© Franz Seguin