Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
LE PELHARÒT *
Toujours solitaire un sac déformé,
De sombres haillons, un triste air paumé,
Les ongles noircis, la coiffure horrible,
Des souliers usés, son parler risible
L'ont fait malgré lui, l'affreux mal aimé.
Ce vieux voyageur, marginal nommé,
Accuse l'effroi qu'il a rallumé,
Auprès des croquants, il reste impassible,
Toujours solitaire.
Pauvre pelharòt, bonhomme opprimé
Par tous les regards qui t'ont abîmé,
Laisse la rumeur, deviens invisible,
Poursuis ton chemin, reste indestructible,
La tête bien haute au cœur présumé,
Toujours solitaire.
* chiffonnier (en occitan)
©Cardabelle