Les poèmes de l'ombre et de la lumière.


                                        L'HIVERNALE  FOLIE

Sauvage la neige, l'immaculée,
A recouvert les champs de blé;
Sur la colline, tout là-bas,
Juste en direction du levant,
On n'entend plus que ce silence
Qui plane et doucement s'étend
Sur les sentiers et sur la forêt
Où se terre la sinistre bicoque
D'un vieil artiste-peintre aveugle,
Perpétuellement ouverte, offerte
Aux furieux vents des quatre saisons;
Ses volets verts grincent et claquent
Dès que la terrible bise du nord
Vient, perfide, éteindre les braises
D'un feu de camp encore fumant,
Là où des loups affamés viennent
Quêter une trop maigre pitance,
Leurs yeux hagards perçant la nuit
Comme ceux d'anges démoniaques effarés;
Ils semblent n'attendre plus qu'un signe
Avant de repartir chasser leurs proies,
Hurlant, farouches,à la vie, à la mort.


© BERNARD  LANZA