Les poèmes de l'ombre et de la lumière.

       

  EMOTION

La Nature fredonne à l'appel du printemps;
Un silence soudain en mes sens me murmure,
Tandis qu'auprès de l'onde, où s'étend la ramure,
Le chant du rossignol embellit cet instant.

Je goûte à ce bouquet, m'enivre pour longtemps
Aux suaves senteurs d'une aura qui m'emmure
Et j'écoute cette ode où mon âme est l'armure
En son frêle cocon où je vis à plein temps;

Qui me sauve souvent d'embarras attristant,
En cet atrabilaire :outrageant assistant,
Au moment où mon cœur, angoissé dans le soir,

Cherche le réconfort, dissipe la migraine,
Et dans le crépuscule, au contact de l'espoir,
Trouve vitalité dans le breuil mon domaine.


© ANDRE LAUGIER