Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
AU GRE DU TEMPS
Le temps qui nous gouverne et mûrit toute chose,
Délaie nos jugements et décrète l’affront
Superbe, indifférent au poids de notre front
Qu’il courtise et qu’il use en sa gloire…et impose.
Fugitives années, triste métamorphose ;
Epreuves au chevet d’un mal que ne vaincront
Ni la velléité ni rêves qui mourront
Aux rides d’un destin auquel rien ne s’oppose.
Le Temps est mon humeur, j’en fait mon élégance,
Je n’en craint pas l’effet devant mon impuissance,
Et ne dois surtout pas laisser vieillir ma joie.
Je caresse l’instant, j’en suis l’amant fidèle ;
Poète, je me glisse en un cocon de soie,
Puisque mon âme a goût d’une fleur immortelle.
© ANDRE LAUGIER