Les poèmes de l'ombre et de la lumière.


   

                                          


Cuvée

Dans le cuveau de bois, on déversait les grappes
Que mon père tassait avec un lourd pilon
Et l'on poussait les faix à grands coups de talon
Pour que le raisin noir bascule dans la trappe.

Le porteur ahannait doucement, et sa cape,
Un sac de jute brun cousu en capuchon,
Dégoutait lentement. Il buvait au cruchon
La piquette dorée pétillante, qui râpe...

Pantalons rebroussés au dessus des genoux,
Les hommes piétinaient le raisin et le moût
Dans le vaste cuveau où gisait la vendange.

Et moi, j'étais petit, je regardais, heureux,
Mon père qui dansait sur cette valse étrange,
Et la sueur collait son front et ses cheveux...

7/09/2005

©Alain Gurly