Les poèmes de l'ombre et de la lumière.


                        Au vagabond mon ami

    Il pleut, là, quelquefois quand les maisons sont closes
    et s’en va sous la pluie une silhouette au vent ;
    il pleut, et c’est ainsi que partout se déposent
    les larmes de la vie que l’on retient souvent.

    Il pleut, mais rien n’arrête l’ombre que dessine
    la lumière du soir aspirée par les heures ;
    il pleut le long des murs, l’eau ruisselle à leurs cimes
    mais rien n’atténuera ni la pluie, ni les pleurs.

    Il pleut et la nuit noire estompe la silhouette
    que fouettait, tout à l’heur’ le vent de l’infini ;
    il pleut et tout s’en va lorsque l’aube s’apprête
    à jeter quelque éclat au plus noir de la nuit.

    Il pleut là, quelquefois, sur le volet qu’on ouvre,
    peu importe la nuit du vagabond blafard …
    Il pleut et c’est ainsi qu’au matin l’on découvre
    un homme fatigué, couché sur le trottoir.

                    © Alain Girard