Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
S'il
te plait...
J'ai vu le vent danser en tendresses épaves
sur des coeurs amoureux que l'amour même entrave
et quelque ombre aux buissons étouffer des émois...
S'il te plait... Laisse-moi !
Le temps pieusement effrite bien des choses
depuis la plaie profonde au parfum de la rose,
il n'est à négocier ce temps qui se larmoie...
S'il te plait... Laisse-moi !
Et puis, t'en souvient-il, de ma débauche extrême
à ne pas savoir dir' très simplement : « je t'aime »
t'en souvient-il encor que je ne suis pas moi...
S'il te plait... Laisse-moi !
L'hier et le demain sont des mésaventures,
leur « peut-être » est un lieu qu'ignore la nature
et je ne sais rien fair' que je ne sois en croix...
S'il te plait... Laisse-moi !
Là-bas, qui refleurit d'une lueur étrange
où je m'envolerai vers mes mots dont s'arrangent
les lumières froissées de mes moindres effrois...
S'il te plait... Laisse-moi !
© Alain Girard