Les poèmes de l'ombre et de la lumière.


                           Des milliers de vers.

En long en large et en travers,
par tous les chemins que j'ai pris,
j'ai semé des milliers de vers
mais j'ai mal d'avoir tant écrit.

Sur la route où l'ombre s'allonge
quand le soleil va, déclinant,
j'aime le paisible du songe
et respirer le lancinant

parfum des bois et des rivières,
empruntant le sentier du rêve
ainsi par-là, dans ces lumières
éprises d'or, je suis en trêve

avec la vie, ses impostures ...
Le vent galvaude mes silences,
quelques mots viennent sans rature
et s'envolent sans que j'y pense.

J'ai écouté pleurer des arbres
après les hivers de la vie,
relu, à ces plaques de marbre,
le nom de ceux que j'ai suivis

en quelques lieux, pour quelque temps ...
Ils dorment ... Vienne mon silence
comme un respect qui en dit tant
à ne connaître l'indolence.

Aux bords étroits de mes rigueurs,
là, par ces mots juste entrouverts,
il n'est plus rien qu'une langueur ...
En long en large et en travers.            

   
                    © Alain Girard