Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
La mort du mot.
Et dans le silence où mes cris
de plaies vives se dénaturent,
j'ai oublié, là où je prie,
ces petits jours où la nature
presque défaite des langueurs,
comme posée l'ombre au ruisseau,
éveille l'aube à des bonheurs
dont je me sens presque un peu sot ...
Chaque fois que bouge mon ombre
aux pas d'un jour inattendu
si mon regard est un peu sombre
c'est peut-être un malentendu ?
Peut-être une façon de rien,
une rime là sous ma porte
dont j'apprends le mal ou le bien
au gré des choses qu'on supporte ;
C'est peut-être qu'il se fait tard
aux insomnies de mes lacunes
et que le poète bâtard
à ses rimes n'en trouve aucune ;
alors de silence en poussière
lorsque le vain mot s'égosille
adossé au mur - plus très fier -
de ma plume ... je le fusille.
© Alain Girard