Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
L'aigle
ou sa proie.
Autrement qu'au-delà d'improbables exils
où je ne fus jamais que le bouffon du roi,
parmi les maigres lieux de mes maigres périls
suis-je l'aigle ou sa proie ?
Je badine en des mots de séjours éphémères,
à braver l'entendu je ne sais plus mes droits
parmi l'ombre des jours ou la nuit en lumière
suis-je l'aigle ou sa proie ?
Et dans l'insignifiant de mon obscure éthique,
lorsque à me regarder je ne sais ce que croit
l'imaginaire exquis de mon coeur chimérique,
suis l'aigle ou sa proie ?
J'indivise mon jour à ceux-là révolus
quand la pensée n'effleure que ce qui poudroie
comme la neige en feu autant qu'il le lui plut,
suis-je l'aigle ou sa proie ?
Et demain en l'histoire évoquée d'impostures,
dans le flou des brouillards mêlés des désarrois,
au bout des bras tendus, au gré de la nature,
seront l'aigle et sa proie.
© Alain Girard