Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
...De pauvres
grimoires.
Le temps d'avoir envie de vivre ou de renaître
le soir pose insidieux son ombre sur la vie,
l'on pousse cette porte, entrouvre une fenêtre
et déjà l'on ne sait de ce qu'on crut connaître
le probable hésitant d'un goût inassouvi.
Les murs étaient si hauts, si petites les chances
de poser le bon pied toujours au bon endroit
qu'à force d'hésiter à ce chemin d'errance
l'on reste seul au soir de ses in importances
dont on voyait, au loin, le chemin bien plus droit.
Comme à cette blessure se fige un destin,
comme cette autre nuit qui perdit la mémoire,
comme, comme l'oubli plus grand chaque matin
et son reflet nerveux dans le calme lointain
l'on n'écrit plus de soi que de pauvres grimoires.
Ainsi tout embrumé de sa vielle éloquence
l'on perdure à des mots quelque peu fatigués,
le temps d'avoir envie de vivre ... c'est l'errance
qui prend le pas des jours à des jours de souffrance
dont jamais, non jamais l'on ne trouva le gué.
©Alain Girard