Les poèmes de l'ombre et de la lumière.


 

 

 

Requiem pour un été

L'été va trépassant
et s'allument des cierges
portés par quelques vierges
aux longs voiles safran.
C'est la morne saison,
s'envole l'hirondelle
dans un bruit de dentelle
vers d'autres horizons.
C'est le temps des violons,
j'ai le coeur en Bohème
et l'âme chrysanthème
l'instant d'une oraison.
Le ventre des forêts
s'embrase d'ombres rousses
et gisent sur la mousse
maints soleils éclatés.
A l'insu des vivants,
ricanent des sorcières
dans le vieux cimetière
balayé par les vents.
Dans le matin frileux
la brume se hasarde
et l'aurore blafarde
cherche un coin de ciel bleu.
Sur les roses flétries
flotte un De Profundis
chargé de maléfices
et de larmes de pluie.

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Robyn