Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
De Sein jusqu'à Ouessant
...
Elles vont à pas lents,
les yeux noyés de brume,
le coeur gonflé d'écume,
vierges en noir et blanc.
Leur vie n'est que sanglots,
leur vie n'est que misère,
depuis qu'Yvon et Pierre
dorment au fond des flots.
Dans le soir qui descend,
lugubre et monotone
monte un glas qui résonne
de Sein jusqu'à Ouessant.
Par des chemins dormants
elles vont au calvaire,
disent un "Notre Père"
que la brise reprend.
Et qu'importent ces gens
qui des yeux les escortent,
les bruits de toutes sortes,
elles oublient le temps.
A quoi bon ce printemps
jouant sur les ardoises
et sur la mer d'Iroise
ce soleil indécent.
Maudit soit l'océan
qui a pris dans ses mailles
ceux qui livraient bataille
pour nourrir leurs enfants.
Elles vont à pas lents
et le vent qui les mène,
va, colportant leur peine
de Sein jusqu'à Ouessant ...
Robyn