Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
L’amante des mots
Si c’est en écrivant que j’existe vraiment,
Blottie entre tes bras, je suis encor moi-même.
La couleur de l’amour, pur cristal de Bohême
Caresse chaque jour une plume d’argent !
Les mots sont au vélin, mes lettres pour ta bouche ;
Les vases noirs de l’encre, encensoirs bleus des nuits,
Demain, tôt dès l’aurore, apaiseront les bruits
D’une veine de cœur qui vivra moins farouche.
A ton cou, ce collier emperle la tendresse,
Scintillement du soir au sein de sa maîtresse.
Volez, valsez, mes vers, sous la pointe enchantée ;
Courez, charmez, douceurs, mon ivresse se voit
Dans le bleu de ses yeux sur la voûte du toit
D’un palais, où babille une plume adorée.
©Marine