Les poèmes de l'ombre et de la lumière.
Le Serpent et le Dindon
Un beau dindon dodu arborant fière allure
Pavanait ses atouts recherchant l'aventure.
Un serpent assoupi lové là sur le sol
Surpris de la volaille un ballet qui l'affole.
Attiré par la danse endiablée de l'oiseau
Le reptile intrigué se raidi tout de go !
Jouant de ses appâts et de ses caroncules
Le beau gallinacé en douceur gesticule.
Mais comment résister se dit l'invertébré
Quand s'agite alléchant du désir son objet ?
Ne pouvant plus attendre en un geste il résume
Son envie enfiévrée et lui vole dans les plumes !
S'activant à donner son plaisir comme un fou
L'ultime assaut résonne en concert de glouglous !
Mais en pleine furie un sursaut de frayeur
Le volatile hésite attrape soudain peur !
Et au seuil du naufrage on le voit qui recule
"Mais comment voudrais-tu dès lors que je t'accule?"
"Je connais la nature aigre de ton venin,
Aussi tu n'as plus qu'à te finir à la main!".
Dénué de tout membre, cherchant la solution,
S'enroule l'ophidien pour un dernier frisson.
Contraint à l'onanisme il se prépare au jeu
Le serpent excité enfin se mord la queue!
Alors qu'il ne rêvait que d'assouvir sa faim
L'animal se meurtri arrivé à ses fins
A trop être aveuglé par nos désirs intenses
On en oublie parfois toutes les incidences
Il nous faut tout peser pour dompter nos démons
Réfréner nos instincts n'est que sage raison
Nous devons nous méfier de nos envies fugaces
Pour ne pas devenir le dindon de la farce !
10/02/2003
©Alain Dukarski