Les poèmes de l'ombre et de la lumière.

Costa Brava blues

Le coeur en demi teinte accoudé au trottoir
J'entends un flamenco comme un cri viscéral
Les pleurs qu'un musicien, chanteur de désespoir
Répand sur le pavé en douleur lacrymale

Son chant vient me parler, son regard écorché
Ses doigts sur sa guitare en d'impossibles arpèges
Jouent toute sa misère en douces mélopées
Tel un chant qui déchire une vie qu'on abrège

J'écoute sa complainte envoûtante musique
Qui résonne étouffée du fond de ce tapas
Mélodique souffrance en accords dramatiques
Qui me glace le sang mais jamais ne me lasse

De cervesa salée en tequila frappée
Sa voix se veut épaisse et doucement se feutre
Son requiem transpire en sanglots refoulés
Il fredonne pour moi, moi qui ne suis qu'un pleutre

Sur sa dernière note arrachée à la nuit
Je m'enfuis en mon rêve exalté par l'été
Sous un ciel étoilé la tête emplie de bruit
Je m'écroule embrumé de vapeurs colorées

19/03/2003 16:44
 

 ©Alain Dukarski